Figures profanes

L’installation de Morgane Fourey se déploie dans le déambulatoire de l'abbatiale Saint-Ouen, exceptionnellement réouvert au public. L’artiste a disposé, dans les chapelles, des sculptures, objets profanes rejouant et détournant les codes du sacré, brouillant la distinction entre matériaux nobles et matériaux ordinaires, entre art et artisanat, entre peinture et sculpture. Maniant le trompe-l’œil et le faux-semblant avec brio, Morgane Fourey ouvre ainsi un éventail infini de formes, dont le statut indéterminé se situe entre illusion et réalité.

Morgane Fourey

Pour l'exposition Figures profanes, je présenterai dans les chapelles de l'abbatiale Saint-Ouen des sculptures se substituant à de potentiels objets saints, utilisant et détournant les codes religieux.

Ma pratique est régie par des notions de contradiction et de dualité, créant des liens entre art et artisanat, peinture et sculpture, illusion et réel... Oscillant entre le sacré et le rebut, mes sculptures peuvent s'apparenter à des reliques.

La pratique de la peinture est omniprésente dans mon travail, en effet j'utilise le trompe-l'œil de manière formelle et crée des ponts entre techniques artistiques, (peinture, sculpture) et artisanales (menuiserie, ébénisterie, marqueterie...). Imitant des matériaux pauvres, je brouille les pistes entre déchet et préciosité. Je détourne certaines œuvres de la peinture réaliste traitant du labeur, du monde ouvrier et paysan, comme Les casseurs de pierres de Gustave Courbet ou Les raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte, en les représentant sous forme de marqueteries, réalisées à partir de bois de chantier en opposition avec la traditionnelle marqueterie de bois nobles.

Certaines de mes pièces s'appuient sur la tradition des natures mortes, représentant en volumes des objets figés, comme les bûches partiellement consumées de la pièce Foyer, ou la Nature morte de chantier représentant un banal pique-nique d'ouvrier constitué d'une bière, d'une pomme et d'un sandwich. Tel des vanités, ces objets organiques sont comme arrêtés dans leur processus de décomposition, leur chute inexorable.

Ces références à la peinture dans ses aspects les plus matériels et terre-à-terre, ne sont pas sans évoquer la question du temps, aussi bien celui du travail laborieux, que celui de l'altération et de la disparition.

Figures profanes

>> Abbatiale Saint-Ouen, place du Général de Gaulle
Du 17 septembre au 20 novembre
Mardi au jeudi, samedi et dimanche, 10h > 12h, 14h > 18h jusqu’au 31 octobre puis jusqu'à 17h

> Galerie Photos de l'installation de "Figures profanes"

Accéder à la retranscription du parcours sonore "Figures profanes"