Rouen, Il y a tout à Rouen.

plus de 100 000 habitants / plus de 200 monuments protégés ( des édifices religieux, des édifices civils, des maisons, des hôtels particuliers) / 2 millions de touristes par an /

Rouen, capitale de la Haute-Normandie, siège de toutes les administrations.

Alors, chaque jour des milliers de personnes viennent ici ; viennent travailler, acheter, visiter. On y arrive en train, en voiture, en bus, en vélo, à pied.

Pour que chacun s’y retrouve la ville se pare de centaines de panneaux signalétiques. Ici vers la mairie, là vers le musée ; ici pour les piétons là-bas pour les voitures ; ici interdiction, là-bas obligation.

Ils sont là pour nous guider et finissent par nous obliger. Ils sont là pour suggérer et finissent par contraindre notre regard. Ils nous forcent à prendre un chemin plutôt qu’un autre, nous disent ce qu’il faut regarder...Mais où est la ville dans tout ça ?!

Il y a donc beaucoup de signes en ville. Beaucoup ? Beaucoup trop ? Pas encore assez ? Ou pas les bons ?

C’est sans doute ce que se demande Paatrice Marchand qui connaît bien Rouen puisqu’il y vit et y travaille. Avec « Mode d’emploi de l’espace temps » il a donc choisi de parasiter la signalétique urbaine, d’ajouter aux signes stéréotypés habituels son propre regard, ses propres images...

Ainsi, pour que nous regardions la ville autrement et pour que nous reprenions le dessus, il s’amuse à détourner de vrais panneaux et à en brouiller les messages avec des images non plus utilitaires mais poétiques et graphiques.

Place du Lieutenant Aubert on voit d’abord une forme, très graphique, sur un panneau triangulaire. Un grand A se détache peu à peu. Il faut alors s’approcher pour distinguer deux autres lettres, minuscules, un r et un t. A, R, T. Art.

Est-ce un jeu ? Est-ce une blague ? Ne sourions pas trop vite ! Car finalement, l’artiste nous invite à nous repositionner dans la ville (à choisir), à en reprendre possession, à refuser les contraintes, à questionner les évidences, à disséquer les codes. En somme, à réinterroger la banalité et à rendre la ville poétique et ce n’est pas une mince affaire !