VU SOUS 7 ANGLES, collectif HSH
niveau -1 des Galeries Lafayette
Comme le titre l’indique, ils sont donc sept à investir ce lieu étrange : le sous-sol d’un grand magasin, au centre de la ville. Elia David, Lison De Ridder, Nicolas Diologent (ou Nikodio), Sébastien Diologent (ou LKsir), Julien Lelièvre, Paatrice Marchand (ou Paat) et Henri Wagner : ils sont sept et forment le collectif HSH, acronyme dont l’interprétation fluctue en fonction des circonstances et des caprices du vent.
Il arrive, comme à l’entrée de l’espace où vous entrez maintenant, que cela signifie « Home Sweet Home », cette expression anglaise faisant référence à la douceur du foyer. Cela prend alors la forme d’un paillasson au graphisme condensé et invite à découvrir l’espace d’exposition comme la maison des HSH, une maison couverte mais avec des chemins, des pelouses, des murs et une maison dans la maison…
... Une maison dans la maison c’est ce que propose Henri Wagner. Au premier coup d’œil la maison Christophe Rebel a l’air d’une maison à colombage comme on en voit beaucoup en Normandie. Pourtant, en en faisant le tour on découvre ici des pans de toiture qui ont glissé sur les murs, là des colombages posés de façon aléatoire, irrationnelle.
Henri Wagner joue avec ces éléments d’architecture et leur confère une fonction artistique et graphique. Il nous rappelle ainsi que l’architecture est un art.
C’est aux habitants des maisons de Rouen que s’est intéressée Lison De Ridder : elle montre ici des dessins aux traits noirs et fins, accrochés serrés les uns contres les autres, dans des cadres blancs, dessins dont certains sont déjà, eux-mêmes des miniatures serrées les unes contre les autres – vignettes, extraits de gestes, de poses, de corps ou d’objets – concentrés de Rouen en noir et blanc qui racontent les voyages de l’artiste dans les différents quartier de sa ville…
Poursuivant votre chemin autour de la maison rebelle, vous longez un mur apparemment blanc ; il vous faut quelque temps pour distinguer des zones légèrement jaunies, comme des halos, autour de formes régulières et de clous solitaires – des toiles que l’on aurait décrochées pour les montrer ailleurs, dans un musée qui pourrait être autochtone ? Sur la façade d’une autre maison, qui vous rappelle la Maison du Four où Elia David poursuit son projet ?
Vous apercevez ensuite les bribes d’une forme aux contours noirs et, vous déplaçant légèrement, vous la voyez reconstituée, du moins en partie : un oiseau « locataire » s’envolant d’un mur de briques : conclusion d’une histoire commencée par LKsir, plus loin, sur le parking des Emmurées, rive gauche…
C’est encore un trait noir qui, de l’autre côté de l’entrée, longe le mur et construit un réseau de grandes images photographiques et de dessins, où se glissent les formes d’organismes roses. Photographe et graphiste, Julien Lelièvre choisit de représenter des intérieurs – étagères de livres, sols, murs, plafond que prolongent des dessins et qui brouillent un peu plus la nature de l’espace où vous vous trouvez : dedans ou dehors ?
Plutôt que de maison, ce sont les murs que vous apercevez, en vous retournant : des murs qui défilent à toute allure envahis de formes roses. Des murs connus ? ceux d’une ancienne faculté ? dans le square Maurois, face au Muséum ? Des murs que l’artiste, Nikodio, observe de près puisqu’il nous en montre ici le détail, la profondeur. Au rythme du défilement des images on voit alors non plus tout à fait un mur mais une peau, une peau qui se désquame. On en voit le grain, les imperfections et toujours ces petites formes roses énigmatiques.
